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Bad omen

28 juillet 2010

Sur les routes indiennes, les véhicules, bus, camions, motos, scooters, rickshaws et voitures, passent en permanence à vingt centimètres de se rentrer dedans. Les chiens errants qui traversent ces même routes passent souvent à vingt centimètres de ce faire écraser. Sauf que des fois ça rate pas: ce matin, sur la route du bureau, un jeune chien mort, des traces de sang à espacement régulier sur la route, laissées par le pneu, et un boyau qui court du cadavre jusqu’au bord de la route.

La journée commence bien…

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Dalhousie

26 juillet 2010
L’avantage d’habiter pas loin de l’Himalaya, c’est que quand on veut prendre le frais et s’échapper de la plaine punjabie et de ses folles ONG, il n’y a que quelques centaines de kilomètres à faire. Bon évidemment, les transports indiens étant ce qu’il sont, ça se transforme vite en 8h de bus…
Nous arrivons donc au dessus des nuages vers 18h Vendredi. Dalhousie est une de ses stations de montagne laissée par les Britanniques, qui devaient apprécier la chaleur encore moins que moi.
Dans un hôtel répondant au nom charmant de Crags – apparemment le nom de la famille à qui appartenait la maison – nous prenons possession de notre chambre, grande, humide, avec eau chaude et… télévision! La première fois que j’ai une télé depuis que je suis en Inde! L’occasion de regarder les nouvelles, le discours du Premier Ministre devant le Rajya Sabha (heureusement pour le Congrès que la majorité des Indiens n’ont pas de télé, personne ne voterait pour un mec aussi soporifique), des films américains en anglais sous-titrés en anglais et, surtout, des séries indiennes. Extrait du script (reconstitué par mes soins):
Il entre dans la loge, l’air furieux. Elle est en train de mettre des bracelets, elle se retourne, surprise. Musique: tadaaam.
Lui, l’air furieux: « Bla bla bla bla bla bla bla bla! » (je comprends pas l’hindi, désolé) Musique: tadaaaaaaam
Elle: « Bla bla I’m sorry bla bla bla. »
Lui, l’air furieux (oui, en fait il n’a qu’une seule expression faciale): « Bla bla bla! » Musique: tadaaAAAm
Elle: « Bla? Bla bla! » Musique: tadAAAAM
Il se retourne pour ne pas croiser son regard. Musique: tadam.
Elle: « Bla! » Musique: taDAAAM
Il se retourne et lui fait face, mais elle se retourne à son tour pour ne pas croiser son regard.
Lui: « Bla bla bla bla. » Musique: TADAAAAM!!!
… À suivre.
Samedi, petit déjeuner dans un resto sur Gandhi Chowk: chana puri, deux pains ronds gonflés par la chaleur et une sauce épicée. Puis balade toute la journée dans Dalhousie. Contrairement à MacLeod Ganj, la ville est assez étendue: pour relier les deux places principales, il faut marcher de longues minutes à travers la forêt de pins, verte et humide. Tellement verte et humide d’ailleurs qu’elle me fait penser à une forêt tropicale, fougère et liane incluses. L’ambiance est assez irréelle: nous ne sommes plus au dessus des nuages comme hier, mais en plein ciel. Les nuages passent à travers la ville, les arbres, les montagnes. Nous passons la majorité de la journée à marcher et rentrons à l’hôtel assez fatigués, mais l’ambiance calme m’a reposé l’esprit.
Le lendemain, réveil matinal en prévision d’une randonnée… Mais malheureusement il pleut. Après le petit dès (paneer parantha: un pain rond, comme un chapati mais plus épais, avec du fromage au milieu), partie de cartes en attendant le soleil qui ne vient pas. Vers 11h nous décidons de ne pas nous attarder: inutile de rester une journée de plus comme prévue si c’est pour jouer aux cartes. Nous reprenons le bus vers la plaine à 13h.
Contrairement à l’aller, je reste réveillé pour regarder le paysage: une vallée assez large, des montagnes très vertes mais avec peu d’arbres, dont les flancs en terrasses descendent vers un torrent qui court presque aussi vite que le bus descend la route.  Le torrent est bordé d’énormes rochers arrondis par les eaux, polis, presque argentés. Seuls les terrasses du bas semblent encore utilisées pour le riz, les autres sont remplies d’herbes.
Nous arrivons à Panthankot pour découvrir que le bus pour Hoshiarpur ne part que 2h30 plus tard. Nous prenons donc celui pour Jalandhar. La route est droite et longue, et il fait chaud. Comme on s’habitue vite à la fraicheur de la montagne! Après trois heures de route, nous traversons une ville connue: Bhogpur. Comme Bhogpur est à 20 minutes d’Adampur nous décidons de descendre ici plutôt que d’aller jusqu’à Jalandhar. Nous achetons des burgers et nous dirigeons vers l’arrêt de bus, et là… rien. En demandant auprès d’un marchand, nous apprenons que le dernier bus part à 19h. Il est 19h30.
Après plusieurs tentatives infructueuses d’auto-stop, nous appelons l’ancien entrepreneur social du Centre de Bhogpur, qui s’occupe toujours du programme d’après-école de l’ONG. Il vient nous chercher et nous ramène en voiture chez lui où sa mère nous sert à dîner (le deuxième après les burgers…!). Puis, nous reprenons sa voiture et traversons dans la nuit la campagne pujabie, éclairée par la pleine lune, et arrivons finalement à Adampur. Il est déjà 22h.

Mousson!

7 juillet 2010
Il pleut! Depuis Lundi, c’est officiel: la mousson a atteint le Punjab et recouvre désormais toute l’Inde.
Pas de déluge mais le ciel est couvert et il y a des averses plusieurs fois par jour. La température a baissé de 10° en trois jours… 35° c’est presque froid! Par contre, c’est aussi la haute saison pour les moustiques…

Bharat Bandh

5 juillet 2010

Bandh (Hindi: बंद), originally a Hindi word meaning ‘closed’, is a form of protest used by political activists in some countries like India and Nepal. During a Bandh, a political party or a community declares a general strike.

Ce matin, en arrivant au bureau, un entrepreneur social me demande de refermer le volet roulant de la fenêtre qui ferme sur la rue: c’est jour de grève générale en Inde, et il craint que des manifestants ne s’en prennent au centre s’il est ouvert. Toutes les boutiques d’Adampur sont aussi fermées, la rue quasiment déserte.

Ce bandh est organisé, séparément, par les deux principaux partis d’opposition indiens: le BJP (Bharatiya Janata Party, droite nationaliste) et le Left Front (coalition autour du CPI(M), Communist Party of India (Marxist)) pour protester contre la hausse du prix des carburants et le Gouvernement du Congrès. Apparemment il est plutôt bien suivi au Punjab, dont le gouvernement est controlé par l’Akali Dal allié au BJP.

Du coup, sauf une étudiante qui a eu droit à un cours particulier, pas grand chose au centre aujourd’hui…

Agra – Varanasi, épisode ७

4 juillet 2010

La nuit, toutes les gares routières sont... euh...

Il est 17h30 quand je quitte enfin la gare de New Delhi… Le trajet dure dix heures au lieu de sept, le train est un train de jour: je suis assis et je n’arrive pas à dormir. Enfin à Jalandhar, vers 3h20, je me fais extorquer 100 Rs. par un rickshaw pour rejoindre une gare routière déserte. Un bus se présente au quai « Hoshiarpur » à 3h50. On est jamais trop prudent, je demande:

– Is this the bus to Hoshiarpur?
– Yes yes.
– When does it leave?
– 4.30
À l’heure dite, j’embarque. J’annonce « Adampur », le collecteur me tend un billet et me prend 13 Rs. Je m’endors. Quand je me réveille, le bus est en train de passer à côté d’un dinosaure géant en plastique. Étrange. Quelques minutes plus tard, le bus s’arrête dans une gare routière. Tout le monde descend, sauf moi. Le chauffeur et le collecteur se tourne vers moi d’un air interrogatif. « Er… this is not Adampur. » Le collecteur, les yeux écarquillé, me regarde comme si je descendais de la lune. Pendant une seconde, là, à 5h10 du matin dans une ville inconnue, j’ai eu envie de le faire physiquement souffrir.
Je commence à m’énerver, on m’indique l’entrée de la gare routière. Je descend et je m’énerve un peu sur les employés (« Your guy told me it was the bus to Adampur!« ), on m’indique un bus: « Take this bus to Jalandhar and then…« . Là je m’énerve vraiment: « I’ve just arrived from Jalandhar!! I won’t pay another ticket!« . Un employé plus âgé m’emmène vers le bus, discute avec le collecteur et me permet de monter sans payer. Calmé, je le remercie.
Retour à Jalandhar avant 6h, je trouve le bon bus (après vérification auprès de trois personnes) et rentre enfin à la maison vers 6h50.
Épuisé, je garde quand même des images de mes vacances plein la tête…

Agra – Varanasi, épisode ६

3 juillet 2010

New Delhi Railway Station

Normalement, à cette heure là je devrais déjà être dans le train. À la place je suis dans la Refreshment Room de la gare de New Delhi en train de boire un jus de mangue Maaza.

Hier, après une autre visite chez un marchand de soie, accompagnés par un employé de l’hôtel (encore un qui parlait français!), nous avons profité du temps relativement frais pour passer quelques ultimes heures à ne rien faire au bord du Ganges. Après quoi nous avons pris le train, parti tellement à l’heure que nous avons failli le rater mais arrivé avec au moins quatre heures de retard (« au moins » parce que selon les sources il devait arriver à 5h30 ou 7h50).
Une fois à New Delhi, pris d’un vent d’optimisme en voyant que, contrairement à ce qu’on m’avait dit à Varanasi, il existait bien un train pour Jalandhar à 13h20, je me suis rué au Foreign Tourist Office… pour qu’on me réponde qu’il aurait fallu changer mon billet au moins 24 heures avant le départ…
Déjeuner dans la station de métro, dernier au revoir à Emiko, qui rentre au Japon ce soir, et depuis j’attends mon train, prévu à 14h50 mais retardé à 16h30. Après les sept heures de trajet, je vais probablement passer deux ou trois heures à la gare de Jalandhar avant de prendre le premier bus pour Adampur.
Et là maintenant, je rêve de prendre une douche.

Agra – Varanasi, épisode ५

1 juillet 2010
  • Mercredi
Petit déjeuner à l’hôtel puis descente en ville à la recherche d’un distributeur de billets (même si on mange moins cher ici qu’au Punjab, l’Archeological Survey of India m’a ruiné!). Petite promenade le long du fleuve puis nous allons déjeuner à la Mona Lisa German Bakery (Mona Lisa, elle est effectivement affichée au mur, par contre le côté allemand ou boulangerie, je cherche encore…). Nous décidons d’aller visiter le musée qui se trouve dans le palais de l’ancien Maharaja de Bénares, de l’autre côté du fleuve. Après avoir négocié le prix de l’aller-retour à 250 Rs., nous embarquons. La traversée dure plus d’une heure, au rythme des rames. Il y a un peu de vent, il ne fait pas trop chaud, et ça fait du bien de se retrouver entouré d’eau!
La rive est du Ganges est formée d’un grand banc de sable autour duquel l’eau est très peu profonde. Le chauffeur (pour une barque on dit quoi? capitaine?) doit débarquer et tirer notre embarcation… sans trop de succès: impossible d’atteindre la rive. Il propose de me porter sur son dos, mais je refuse: je préfère enlever mes chaussures et marcher dans l’eau pleine d’algues, mais pas si sale que ça, du fleuve sacré. Emiko me suit.

Vers le musée... que nous ne verrons pas.

Nous traversons le banc de sable vers le village, notre capitaine nous explique que c’est ici que les villageois brûlent leurs morts. Effectivement, on aperçoit des restes de bûchers sur le sable. Dans le village, à l’aspect très rural et traversé par le chantier d’un pont au dessus du fleuve, nous croisons un atelier de séchage de bouses puis arrivons sur une place qui semble plus urbaine et, enfin, le fort. Il est 17h20, et en arrivant au guichet nous apprenons que le musée ferme à… 17h30! On aura au moins économisé les 100 Rs. du ticket « foreign citizen« .

Nous repartons vers le fleuve. Sur le trajet, le capitaine nous explique qu’il n’est pas propriétaire de son bateau et qu’il doit reverser 25% de ce qu’il gagne (ça me rappelle le rickshaw de La Cité de la Joie). À sa demande, nous acceptons de lui donner 100 Rs. tout de suite et 150 Rs. à notre arrivée pour qu’il ait moins à reverser à l’émissaire du propriétaire qui l’attend sur l’autre rive (et qui se révèlera être un ado de 15 ans).
Après la traversée, aussi agréable qu’à l’aller, toujours guidé par notre capitaine, nous visitons deux magasins de soie. À chaque fois, on nous assoie dans une salle couverte de coussins, on nous offre un thé en nous présentons les produits. Je sélectionne quelques écharpes (qui sait, peut-être que je pourrai trouver un cadeau à ramener), avant de négocier les prix. Puis, le shopping terminé, nous rentrons dîner à l’hôtel.
  • Jeudi
Réveil à 4h15, rendez-vous à 5h dans le hall de l’hôtel pour un boat trip sur le Ganges! Nous embarquons du Manikarnika Ghat vers 5h10. Même à cette heure matinale, il fait déjà bien jour et deux bûchers funéraires sont en cours. Sur les bateaux accostés au ghat, des hommes finissent leur nuit. Nous descendons le fleuve vers le ghat principal. L’atmosphère est assez étrange, relativement calme. Tout au long de la rive, des gens prient face au fleuve, se baignent ou font leur lessive. Pour la première fois, je vois des femmes se baigner, en groupe et toutes habillées dans leurs saris. Nous rentrons à l’hôtel vers 6h20. Dans l’espoir d’un petit-déjeuner, nous allons au restaurant sur le toit mais à cette heure si c’est le terrain de jeu des singes. Nous rentrons dans la chambre finir notre nuit, j’avale juste quelques sucreries que j’avais achetées Lundi soir pour le train.
Nous nous re-levons vers 10h30, je ne suis pas trop sûr si la traversée de ce matin était un rêve ou pas… Après un petit-dej/déjeuner, nous décidons d’aller à la Banaras Hindu University. Après nous être un peu perdus, nous tombons sur le musée (et hop 100 Rs. tarif pour étrangers…): sculptures, peintures, tissus, pièces de monnaie… C’est plutôt intéressant malgré le manque d’éclairage (merci quand même aux quelques gardiens qui ont daigné allumé les lumières de leurs salles sur notre passage). Toute une salle est consacrée au fondateur de l’Université: des photos de lui, ses lettres, ses habits et… son dentier!
Après le musée, nous marchons jusqu’au temple de l’Université: rose et blanc, orné de svastikas, de om et de textes rappelant l’unicité de dieu (oui, l’hindouisme est une religion monothéiste!), c’est le premier temple hindou que je visite.
Retour en centre-ville… sauf que le rickshaw ne nous dépose pas tout à fait à l’endroit prévu et nous nous perdons (enfin, je nous perds) dans les grandes puis les petites rues… Après peut-être plus d’une heure, nous retrouvons le Ganges, mais bien plus au nord que prévu! Nous finissons pour rentrer à l’hôtel pour profiter d’une température idéalement fraiche sur le toit. On ne transpire pas. On entend au loin la cérémonie du soir. C’est notre dernier soir à Varanasi… et je suis assez triste de partir. J’ai vu beaucoup de choses ici, des plaisantes et des beaucoup moins plaisantes, mais toutes impressionnantes. Les choses vont dans tous les sens, mais restent fluides. L’ambiance est agitée, mais sereine. Peut-être un concentré d’Inde en fait.
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