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Charmeurs de serpents et autres choses moins charmantes

12 mai 2010
Charmeur de serpent

Charmeur de serpent... et son serpent.

Vers 16h, Mr. B rentre dans le bureau: « Benjamin, are you coming with us? » Pas beaucoup de travail sur le moment, donc oui! J’accompagne Mr. B montrer à une nouvelle stagiaire les gens avec lesquels elle va peut-être être amenée à travailler. En scooter, direction un terrain à côté d’une école à la sortie de la ville. Ici vit une communauté de charmeurs de serpents. Ils habitent dans un campement fait de tentes en bois et en toiles, ils sont dans la région depuis cinq ans, n’ont pas de propriété à eux. Quand nous arrivons il n’y a que des femmes et des enfants. Ils installent trois lits de camps en triangle pour que nous puissions discuter, les enfants se mettent au milieu et écrivent dans le sable. Nous nous adressons à la doyenne, qu’on appelle Di ou Jiji, une marque de respect… Enfin, quand elle ne s’interrompt pas pour répondre au téléphone portable. Plusieurs problèmes ici. Économique: les charmeurs de serpents ne font plus recettes; l’industrialisation, l’urbanisation et les progrès de la médecine font qu’on s’adresse de moins en moins à eux pour se débarrasser des reptiles. Sociaux aussi: la communauté est mise à l’écart du reste de la société, les enfants ne sont scolarisés que depuis cette année. Et les femmes ne travaillent pas, elles passent leur journée à attendre les hommes. La doyenne aimerait qu’on offre du travail aux gens, mais le but de l’ONG est de fournir des outils à une communauté pour qu’elle vive mieux, pas de les rendre dépendants. Mr. B leur a proposé d’essayer d’ouvrir une boutique, de commercialiser quelque chose, comme des sacs que la doyenne fabrique… Après plus d’une heure de discussion, les hommes rentrent du travail. L’un d’eux est sur une belle moto, il explique que quelqu’un lui a donné pour le remercier de lui avoir sauvé la vie… Mais aujourd’hui ils ne ramènent que 50 Rs. Puis ils nous montrent les serpents attrapés aujourd’hui… Très impressionnant!

Après ça, nous repartons en scooter, passons à côté d’un terrain où des jeunes jouent au cricket et arrivons sur une grande place où se déroule régulièrement un marché aux grains. Sur le bord quelques tentes de fortune et des femmes en sari avec des enfants: ce sont des migrants, nombreux dans le Penjab, l’État le plus riche de l’Inde. Un homme est là aussi, il nous explique qu’ils viennent du Bihar (l’État le plus pauvre) et qu’ils sont ici depuis quinze ans. Ils vivent au jour le jour, en travaillant dans une ferme, sur le marché ou en tant que rickshaw. Il y a visiblement de gros problèmes d’hygiène ici. Aider les migrants peut aussi poser des soucis plus ‘politiques’: les gens d’ici ont peur qu’en les aidant on en attire encore plus. Les enfants ne vont pas à l’école: ils y ont battus.
Nous repartons, après avoir attendu quelques minutes l’ouverture du passage à niveau (manuel!), nous arrivons à un autre campement organisé autour d’un poteau qui soutient les tentes… et une antenne télé. Des migrants aussi, de l’Uttar Pradesh. Eux se déplacent régulièrement pour trouver du travail. Ici, ils travaillent tous ensembles, hommes, femmes et enfants, sur un chantier. Leur employeur leur prête le terrains sur lequel ils vivent.
Qui aider et par où commencer? Women’s empowerement, After-school programme, Health education? Je suis assez content de ne pas être celui qui va choisir…
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