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Dernier jour

4 septembre 2010

Dernier jour à Delhi, le temps est couvert. Je reste dans ma chambre d’hôtel jusqu’à midi, sachant qu’après j’aurai 9 heures tout seul à combler avant de rejoindre l’aéroport.

Je déjeune dans Phaharganj, à la même table que deux Israéliens en Inde depuis trois mois (ils ont visité Manali, Rishikesh et McLeod Ganj, ce qui doit expliquer pourquoi ils parlent si lentement), puis direction le Fort Rouge dans Old Delhi. Difficile de croire qu’il s’agit de la même ville que New Delhi: pas de rues larges et propres, ici c’est sale et bruyant, comme la plupart des rues indiennes. Le Fort de Delhi est nettement plus petit et moins impressionant que celui d’Agra. Alors que je m’apprête à en sortir, une averse m’oblige à me réfugier dans un des pavillons. J’y passe presqu’une heure à discuter avec des étudiants indiens.

Après le Fort, je tente de rejoindre la grande Mosqué de Delhi, mais une autre averse me pousse à me replier stratégiquement dans le McDonald’s de Chandi Chowk. J’y passe encore une heure, à lire le journal puis décide d’aller vers Raj Ghat. J’arrive 50 minutes plus tard au parc qui longe la rivière Yamuna et passe par le lieu de la crémation de Nehru, un tertre entouré d’un carré de béton. Je passe sans m’arrêter devant ceux d’Indira et Rajiv Gandhi pour arriver finalement à Raj Ghat, là où a été brûlé le corps du Mahatma Gandhi. Une épaisse dalle de marbre noir, inscrite de ses dernières paroles « Hai Ram » (« Oh dieu ») en marque l’emplacement. Il faut se déchausser pour y accéder. Des Indiens passent devant tour à tour et s’arrête pour prier, alors que d’autres se prennent en photo. Le lieu, au milieu du parc, est très calme malgré la Ring Road à seulement quelques mètres.

Après cette dernière visite, je décide de regagner Paharganj à pied, avant de céder au bout de 40 minutes de marche à l’appel d’un cycle-rickshaw. Dîner, une petite heure dans un cyber café, puis je retourne à l’hôtel chercher mon sac avant de prendre le taxi pour l’aéroport…

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Delhi

2 septembre 2010
Après un Mardi passé principalement à manger et dormir, je décide d’aller faire un peu mon touriste Mercredi. Je pars vers 11h30 de Paharganj, traverse la gare de New Delhi pour prendre le métro jusqu’à Central Secretariat. Le métro de Delhi est neuf, propre et climatisé. Attention au choc thermique à la sortie de la station: il fait toujours autour de 35° dehors! Je me perd un peu en cherchant le musée Nehru. Je suis au coeur de la ville construite par les Britanniques: les rues sont droites et larges, ornées d’arbres. Rajpath, monumentale avenue, relie Rashtrapati Bhavan, l’immense palais présidentiel ancienne demeure des Vice-Rois, à India Gate en passant par le non moins immense Sansad Bhavan, le parlement.
Je finis par trouver le Nehru National Memorial, en fait Teen Murti Bhavan, l’ancienne résidence du premier Premier Ministre indien. À l’intérieur, photographies, lettres, coupures de journaux retrace la vie de Jawaharlal Nehru et l’histoire du mouvement d’indépendance jusqu’à l’entrée en vigueur de la Constitution en 1950. C’est intéressant, surtout si, comme moi, on s’intéresse à l’histoire politique indienne, mais ça manque un peu d’explications parfois…
Après cette visite, je reprends ma marche. Les rues ont beau être droite, elles suivent un plan en « triangle » qui ralonge le parcours… J’arrive enfin au Gandhi Smriti, la maison dans laquelle le Mahatma Gandhi a passé les derniers mois de sa vie et où il a été assassiné par un extrémiste Hindou le 30 Janvier 1930. Un chemin en pierre retrace les derniers pas du Père de la Nation jusqu’à l’endroit de sa mort, sur une petite esplanade ornée d’un petit pavillon en pierre et d’une colonne à laquelle on accède après avoir retiré ses chaussure.
Après ces visites, je reprends le métro vers Paharganj pour une sieste bien méritée. Le soir, nous disons au revoir à la première de nous trois à quitter l’Inde…
Jeudi, après un petit-déjeuner tardif nous allons faire un tour du côté de Connaught Place. Il s’agit d’une place ronde, entourée de boutiques (qui se répètent: au moins 2 Levi’s, 3 Benetton…) et de travaux. Comme le but initial de notre venu, les Emporiums des États, sont pour la plupart fermés pour cause de Janmastani (l’anniversaire de Krishna), nous nous rabattons sur le McDonald’s avant de rentrer.
Demain dernier jour en Inde… Comme la dernière stagiaire à être avec moi prend son avion tôt dans la matinée, je passerai la majorité de la journée seul. J’ai un peu peur de m’ennuyer: je dois quitter mon hôtel avant midi et mon taxi pour l’aéroport est à 21h. Mais je me dis je profiterai peut-être aussi mieux de mes dernières heures en me balladant seul. Je prévois d’aller dans Old Delhi, visiter la Mosquée, peut-être le fort et éventuellement Raj Gath.

Bye bye Punjab

30 août 2010
Après un Dimanche rythmé par un copieux déjeuner d’adieux, le rangement des affaires, un copieux diner d’adieux et une dernière dispute avec mon patron, départ Lundi matin à 5h30. Un ancien entrepreneur social et un ancien étudiant venu à l’improviste nous dire au revoir nous (moi et les deux stagiaires françaises d’Adampur) déposent avec nos sacs à l’arrêt de bus. Une fois dans le bus, sur la route vers Jalhandar, alors que le jour peine à se lever à travers la brume, je commence à me sentir libre. Cette dernière semaine dans l’ONG a été difficile: le patron nous a fait patienter pendant trois jours à coup de « I call you back in one hour » pour nous rembourser pour au final ne rien nous donner, contrairement à ce qui était prévu dans notre contrat. La touche finale à ces deux derniers mois où il a passé son temps à se mêler de tout, m’empêcher de travailler pour au final ne déboucher sur rien de concret.
Le train part de Jalandhar avec seulement 10 minutes de retard… et arrive à la gare de New Delhi avec 10 minutes d’avance! Ce qui nous laisse quand même sept bonnes heures pour nous ennuyer. Puis nous partons, avec nos gros sacs sur le dos, rejoindre notre hôtel déjà réservé par un autre stagiaire arrivé plus tôt. Déjeuner (ou plutôt goûter vue l’heure) (ou plutôt petit-déj vu ce que nous mangeons) détour par un cybercafé et grosse sieste de deux heures.
Je ne sais pas encore ce que je vais faire de mes quatre autres jours à Delhi. Après tout ce que j’ai entendu, je crois que personne n’aime cette ville: sale, bruyante, polluée… Mais ce sont aussi mes derniers jours en Inde et je veux en profiter, essayer de m’impregner une dernière fois de l’atmosphère avant de rentrer. On verra.

Retour prévu…

27 août 2010

ਆਦਮਪੁਰ – दिल्ली – Москва́ – Paris – Marseille: les tickets sont achetés (et confirmés, pour un train indien c’est important).

Départ Lundi à 7h35, arrivée (théoriquement) sept heures plus tard à Delhi pour cinq derniers jours de vacances. Puis avion Samedi à 2h, escale à Moscou, puis Roissy et TGV jusqu’à Marseille.

Vu l’ambiance au boulot, je suis assez content de partir d’ici. Mais l’Inde me manquera…

Bestiaire

19 août 2010
L’Inde, terre exotique, refuge de la vie sauvage! Bon, dans mon coin du Punjab, pas de chasse au tigre à dos d’éléphants. Les animaux ici sont un peu plus familiers:
  • Pour commencer, évidemment, la vache. La vache est sacrée pour les Hindous, mais les Sikhs et les Musulmans n’en mangent pas non plus. La plupart des vaches que l’on croise ici sont là, sur la route, à manger (des ordures: rappelez-vous), ruminer ou ne rien faire. Et on les laisse, on les contourne juste si besoin. Mais il y a aussi des vaches domestiques: contrairement à ce que certains croient là bas en France (oui toi, je te regarde), on utilise la vache. Son lait et, traditionnellement, sa bouse: fraiche, pour faire les murs de la maison (de nos jours dans le Punjab on utilise surtout des briques, dont les usines fleurissent un peu partout), ou séchée, comme combustible pour faire cuire la nourriture.
  • L’animal le plus proche de la vache est… le chien: ils partagent le même régime alimentaire à base d’ordures. Il faut dire que vu le système de traitement des déchets indien, les ordures ne sont pas très dures à trouver. Le chien indien est sale, maigre, plein de tiques. Et contrairement à la vache, on peut lui rouler dessus avec la musique à fond.
  • Les singes aussi sont sales. Mais certainement pas maigres: ils volent la nourriture directement dans la main des gens. Le médecin de l’Hôpital Nord m’a dit qu’ils transmettent la rage, et je suis sûr qu’ils mangent des enfants. J’aime pas les singes.
  • Les corbeaux sont gros et mangent aussi des ordures. De préférence devant la maison, en ouvrant le sac poubelle qu’un des stagiaires-que-je-n’aime-pas a « oublié » de sortir malgré mes demandes répétées.
  • Je préfère les perroquets verts avec une longue queue bleue. Je prends mon petit-déjeuner avec eux tous les matins. Mais ils ne parlent pas.
  • La nuit sortent les moustiques, bien sûr, mais aussi les lucioles (quelque chose comme jugunu en punjabi). Elles clignotent dans la nuit autour de la terrasse, survolée de temps en temps par une grande chouette blanche.
  • Au dessus de la terrasse à la tombée du jour volent aussi des chauves-souris. Elles ressemblent à celles de chez moi, sauf une: elle est énorme. À vue de nez, au moins un mètre d’envergure!
  • Bêtes volantes encore: des sortes de grues blanches, des pigeons et des gros moineaux noirs le bec ouvert (dont c’est visiblement la saison des amours en ce moment!).
  • N’oublions pas les cobras: les seuls que j’ai vu pour l’instant étaient dans les mains de charmeurs de serpent. J’aimerai autant que ça reste comme ça.
  • Les geckos, qui courent sur les murs de ma chambre… mais ne sont pas aussi efficaces que ce que j’aimerais en terme d’extermination de moustiques.
  • Et des chats, pas beaucoup, juste un de temps en temps qui passe en courant dans la nuit.

Ce que je mange

3 août 2010
Note: je voulais ajouter des photos de ce dont je parle, mais j’en ai pas encore prises… Je les rajouterai certainement plus tard.
C’est l’heure de dîner et je viens de me rendre compte que j’écris ce blogue depuis trois mois et que je n’y ais pas encore consacré d’article au sujet numéro 1 de ma vie (après la politique… et encore…): la bouffe. Et disons le tout net: la cuisine indienne, c’est bon! Et c’est encore meilleur quand c’est en Inde. Je crois d’ailleurs que c’est le truc qui me manquera le plus quand je serai parti…
Alors évidemment c’est épicé, et même si j’aime les plats relevés en général, parfois ça pique beaucoup. Mais c’est aussi souvent sucré: l’Inde aime le sucre. On était fait pour s’entendre!
Mais qu’est-ce que je mange exactement?
Déjà, du daal: des lentilles, des pois chiches ou autres légumineuses ressemblant, baignant dans du jus. Parfois avec du riz et un peu de pickle. C’est pas mauvais, mais c’est ce que je mange quasiment tous les midis depuis trois mois… On se lasse assez vite de la liquidité de la chose.
Je préfère le butter chicken: du poulet dans sa sauce que je mange en général avec du riz et des butter naans. C’est simple et c’est bon. Et il existe tout un tas de trucs similaires dont j’ai oublié le nom. Et le poulet tandoori bien sûr, c’est punjabi et tout le monde connait. Mais bon, le poulet c’est un peu fête: la viande est assez difficile à trouver, il faut généralement aller dans un vrai restaurant, et il n’y a évidemment jamais de boeuf ou de porc. J’essaye d’en manger une fois par semaine mais je ne réussie pas toujours.
J’aime aussi les dosas: une sorte de grande crêpe plié en triangle avec des trucs dedans (onions, fromage,…). Ça vient du sud. Et le briyani, une sorte de paella avec du riz et plein de choses dedans sauf que contrairement à la paella c’est très bon (non, j’aime pas la paella).
Et évidemment, le truc indien à essayer c’est la bouffe dans la rue. Il me reste des tonnes de trucs à tester, mais citons rapidement: les samosas, bien meilleurs que ceux que j’ai pu manger en France, et le fameux, l’unique burger noodles, un burger veg avec une galette de pommes de terre, de l’onion, du choux, un peu de fromage et… des nouilles.
Je parle de fromage, mais, Français qui me lisez, ne vous faîtes pas d’illusions: il s’agit plutôt de paneer, une sorte de mozarella carré avec encore moins de goût. Français toujours, en Inde on mange du pain, mais des chapatis, des rotis, des naans… C’est plat et ça n’a rien à voir avec une baguette. (Pour les meilleurs butter naans, direction Baba’s à Adampur, Punjab!)
Pour le petit déjeuner: paratha, une sorte de chapati plus épais et fourré (au paneer par exemple), ou idlis, un autre plat du sud, des petites galettes de riz molles à tremper dans des sauces diverses.
Côté boissons, on retiendra les divers jus achetés dans la rue, très pratique quand il fait 45+ degrés (sauf le jus d’orange salé, celui là on l’oublie), le lassi, encore meilleur à la banane, et évidemment le thé, avec du lait et des épices (chai).
Mais, l’amour de ma vie indienne, c’est… la mangue! Grosse, fraiche, jaune dehors et orange dedans, à découper et à manger comme ça en s’en mettant partout (il y a certainement une façon élégante de le faire, mais j’ai pas cherché). Je n’avais jamais mangé de mangues fraiches avant: c’est d-é-l-i-c-i-e-u-x. Je tuerais pour une mangue.
Bon, tout ça n’est pas exhaustif évidemment: il y a pas mal de trucs dont j’ai complètement oublié le nom et encore plus qu’il me reste à gouter. Notons juste que, contrairement à ce qu’on me prédisait, je n’ai toujours pas été malade!

Gaz

2 août 2010

En Inde, les choses sont toujours un petit peu plus compliquées qu’ailleurs. Acheter une bouteille de gaz par exemple.

La bouteille rend sont dernier souffle Vendredi soir. En stagiaires étrangers que nous sommes, nous appelons l’entrepreneur social, qui s’en occupera le lendemain. Ça sera Dimanche matin finalement. Ou Lundi en fait. Entre temps, on est obligé de mangé dehors et de se passer de café, sauf quand un stagiaire chinois se décide à sortir sa bouilloire (pour une raison étrange, les stagiaires chinois arrivent tous avec des ustensiles divers et des sacs pleins de nourriture…). Lundi matin, l’entrepreneur social m’annonce qu’il a « arrangé » le truc pour 6h ce soir. Je ne vois pas ce qu’on peut arranger dans l’achat d’une bouteille de gaz, mais passons. Arrive l’heure dite: 500 Rs. en poche, je pars en moto (vite!) avec Gurjit, l’enseignant d’anglais du centre, chercher la bouteille vide et nous allons au rendez-vous. Dans la boutique, ou plutôt le grand placard plein de plaques au gaz et ustensiles divers, il n’y a personne. Nous attendons une dizaine de minutes, jusqu’à ce qu’un homme arrive pour nous informer que le responsable est partie à Chandigarh et qu’il faut attendre demain… Je veux manger ce soir: en route vers une autre boutique. Un gros monsieur est en train de souder (sans protection bien sûr) un cadre en métal. Nous l’informons de la marque recherchée (HP Gas) et il nous annonce 550 Rs. C’est 100 de plus que le prix négocié avec la première boutique… Ils nous emmène alors, la bouteille de gaz vide sur son scooter et nous sur la moto, vers une petite rue. Sur le trajet, Gurjit m’explique qu’une bouteille coûte normalement 200 à 300 Rs., mais qu’il faut la demander une semaine à l’avance (le gouvernement, une pénurie… j’ai pas très bien compris) et que là nous en achetons une au marché noir. C’est donc ça qu’on « arrange ». L’échange fait, retour à la maison avec la bouteille, pleine, lourde et pleine de terre (pour une raison encore indéterminée, les bouteilles de gaz en Inde sont toujours pleines de terre…).

Mais bon, tout ça ne me dit ce que je vais manger ce soir…

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